Grabia (Γραμπιά)

Extrait d’un livre grec sur l’histoire de Karystos et des environs. Au départ je voulais raconter l’histoire du turc et de la belle Arethis et ça s’est étoffé au fure et à mesure. Textes du livre et de Wikipédia quand il n’y a pas de fautes 😉.

Ça se passe en Grèce sur l’île d’Eubée, deuxième île par sa superficie , après la Crête.

.-. Grampiá (prononcer Grabia) Mekounída.

La route Agios Nikolaos de Karystos (rue Aiolou) nous emmène à Dumnonia.

Après le pont de Dremonia, la route mène à Grampia et à Malkounida. Puis continue vers le château, Castello Rosso (Κοκκιηοκαστρο – château rouge), forteresse franque du XIIIe siècle à courte distance à pied de Myli à 4 km de Karystos, dans l’intérieur des terres. Construit en 1030 occupé par les vénitiens en 1210.

Après avoir visité le château dont l’enceinte extérieure a été terminée en 1821, la descente de son côté ouest mène à Grampia.

A la place de l’église de Sainte-Sophie était une mosquée turque.
Ιερός Ναός Αγίας Σοφίας, Grampia 340 01, Grèce

Des cinq fontaines près de l’église,

un chemin vers l’ouest descend

vers la belle propriété de Saravanou, propriété du Turc Mustafa Osman, chef de garnison, jusqu’en 1833 et qui a changé de propriétaire dans les années 90.

.-. Plusieurs histoires circulent à propos de ce chef de garnison turc.

  • Version du livre:

Le turc avait kidnappé une petite femme grecque pour son harem. Après sa libération elle est revenue et l’a assassiné.

  • Version raconté par les gens du coin:

Lors de l’occupation turque en Grèce, à Karystos sur l’île d’Eubée, le chef de garnison est tombé amoureux d’une jeune grecque de 13 ans qui se nommait Arethis.
Il demande sa main aux parents qui refusent bien entendu. Il décide alors de l’enlever. Les villageois se concertent pour organiser une expédition en vue de la récupérer.
Le turc en ayant entendu parler emmène Arethis sur son cheval et prend la fuite vers Halkida, s’en suit une échauffourée et la jeune fille est tuée.

Le turc fait construire une fontaine à son nom à l’endroit où elle est morte.

Fontaine démontée et remontée après l’élargissement de la route en 2007

Écriture de la plaque de la fontaine:

Traduction approximative
LE SOUFFLE D’ARETIS
RÉALISÉ PAR MUSTAFA IMPIS HASSAN
EN MÉMOIRE DE LA FEMME, ARETIS,
EN 1218 (ANNÉE CHRÉTIENNE 1802)
TRADUCTION PRÉCISE DE L’ARABE
SIGNATURE EN MARBRE
ASSOCIATION CULTURELLE
« CASTELLO ROSSO »

.-. Pour ceux qui souhaitent marcher, la visite du château s’impose.

L’aqueduc qui passe derrière le chateau transportait autrefois l’eau de source des montagnes jusqu’au Bourtzi de Karystos.

Du château, vous avez une vue magnifique sur Karystos et l’ensemble du Golfe.

.-. Les colonnes
Pour les courageux qu’une heure et demie de montée et un peu moins en descente n’effraie pas, il ne faut pas rater les colonnes.
En amont de la vallée de Mili, se trouve une carrière romaine du IIe siècle, où l’on peut encore voir des colonnes de marbre monolithiques gigantesques d’environ 12 m de long, taillées dans le roc datant des premiers siècles de notre ère – le nom grec du site, Kylindroi, cylindre.

Dans les temps anciens, la région de Karystos était réputée pour son marbre.
Les anciennes carrières se trouvent sur le versant sud du Massif du Mont Ochi, entre les villages de Mekounida et d’Aetos. L’activité d’extraction du marbre était si intense qu’à Marmari, le poste principal pour l’exportation du marbre de Karystos, il y avait un temple dédié au dieu du marbre Apollon.

L’exploitation intensive du marbre a surtout été importante à l’époque romaine. A l’époque de Jules César et d’Auguste, le marbre de Karystos était très demandé à Rome principalement pour la construction de piliers monolithiques. On l’utilisait aussi pour paver les sols et les murs. Aujourd’hui encore, on peut admirer les piliers monolithiques en marbre de Karystos à la Bibliothèque d’Hadrien à Monastiraki (Athènes) ainsi qu’à l’Agora Romaine à Rome.

Une alerte militaire et la chute possible de l’empire romain au 3ème siècle ap.JC ont entraîné le retrait des Romains de la région et la fin de l’exploitation des carrières.
Les montagnes du sud de l’ile d’Eubée contiennent du schiste et du marbre. Le marbre que l’on rencontre dans la région se distingue par une stratification très prononcée et par la couleur d’un gris verdâtre marqué par des veines blanches ondulées, d’où le nom de marbre cipolin en italien cipollino, parce que l’aspect général de ce marbre rappelle la coupe de l’oignon (cipolla).

L’aspect verdâtre des marbres d’Eubée est du aux chlorites. Les Romains raffolaient précisément de ce marbre, ils ont ouvert toute une série de carrières. On y extrayait des colonnes monolithes pour orner les péristyles, les temples, les thermes et les maisons opulentes de l’empire romain. Par exemple le temple d’Antonin et Faustine, 141 après J.-C. construit en par Antonin à la mort de son épouse Faustine, puis transformé en église et reconstruit au début du XVIIème siècle sur le Forum romain. Les colonnes en cipolin mesurent 14 m de haut.
Les plaques de marbre cipolin décoraient également les murs des maisons et des thermes.

.-. Les Saintes Triades
Une petite promenade sur une petite route traversant de belles maison sur les hauteurs de Karystos mène à l’église « Holy Triade  » où un pèlerinage a lieu tout les ans le lundi de Pentecôte avec une grande fête avec kebabs, boissons et musique.

Petite grotte au-dessus de l’église.

.-. Une carte du sud de l’île d’Eubée avec quelques repères:
https://www.google.com/maps/@38.0229504,24.4267969,14z/data=!3m1!1e3?hl=fr-FR&gl=GR

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