Le convoiteux et l’envieux

Le convoiteux et l’envieux

Il y a un peu plus de cent ans vivaient deux compagnons assez pervers.

Le premier enviait tout chez les autres, leur réussite, leur situation, leur argent, on va l’appeler… l’envieux.
Le deuxième convoitait tous les biens d’autrui et rien ne pouvait le rassasier, on l’appellera… le convoiteux.

L’envieux déteste tout le monde ; mais le convoiteux est encore pire, car la convoitise le pousse à inventer toute sortes de stratagèmes pour s’accaparer des biens d’autrui.

Un jour d’été ils faisaient route ensemble. Ils rencontrèrent dans une plaine un personnage à l’allure quelconque qui fit un bout de chemin en leur compagnie. En réalité c’était un génie, comme celui de la lampe.
Le Génie, au premier coup d’œil, reconnu tout de suite leurs côté malsain et pervers.
Il marcha quelque temps en leur compagnie sans se faire connaître. Mais, arrivé à un endroit ou le chemin se partageait en deux, il leur annonça qu’il allait les quitter ; puis se présenta et ajouta pour les mettre à l’épreuve:

– Je veux que vous puissiez vous féliciter de m’avoir rencontré. Que l’un de vous me demande un don, je promets de le lui accorder à l’instant ; mais ce sera à condition que celui qui n’aura rien demandé obtiendra le double.

Le convoiteux, malgré toute l’envie qu’il avait de faire un souhait magnifique, se promit bien de se taire, afin d’avoir le double. Il excitait son camarade à parler.

– Allons, mon ami, fait ton vœux, tu es sûr de l’obtenir. Il ne tient qu’à toi d’être riche pour la vie. Si tu ne fait pas ta demande tu ne sais à quoi t’attendre. Voyons ce que tu souhaites.

L’autre, qui serait mort de douleur si son compagnon avait quelque chose de plus que lui, ne céda pas évidemment.
Tous deux restèrent ainsi longtemps sans vouloir se décider. Mais l’envieux, en colère, était dévoré par la soif d’avoir. Il menaça son compagnon de le battre s’il ne parlait pas :

– Eh bien ! oui, je vais faire une demande, et loin d’y gagner, tu t’en repentiras.

Alors il demanda au génie de perdre un œil, afin que son camarade perdit les deux.
Son vœux fut exaucé à l’instant même, et tout ce qu’ils récoltèrent ce fut d’être l’un borgne et l’autre aveugle.

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Christian Loverde
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