Norvegian Wood

Norvegian wood

Au départ je voulais juste écrire un article sur cette chanson des Beatles que j’aime bien surtout dans sa version psychédélique, take 2 de « This bird had flown ». Voir http://humm.loverde.fr/joyeux-noel/. Au fil de mes recherches j’ai découvert des choses que j’ignorais jusque là.
Je m’étais dis que cette chanson semblait avoir peu d’histoire de par le faible nombre de « prises » ou enregistrements avant sélection définitive pour l’album qui existent, je n’en ai trouvé que 4. Et c’était faux au regard de mes trouvailles dans ce qui suit.
Je me rend compte maintenant que ce qui fait que je l’apprécie est son côté unplugged, son côté folksong, à la Dylan donc. Dylan que j’apprécie aussi.
J’ignorais tout de la soit disant polémique entre Dylan, qui n’aurait pas aimé qu’on imite son style, et Lennon. Polémique qui n’en est pas une, à mon avis.

.-. Les paroles de « Norwegian Wood » de l’album Rubber Soul (1965) par John Lennon. I once had a Girl, or should I say, she once had me
She showed me her room, isn’t it good, norwegian wood ?
She asked me to stay and she told me to sit anywhere
So I looked around and I noticed there wasn’t a chair
I sat on a rug, binding my time, drinking her wine
We talked until two and then she said, « It’s time for bed » She told me she worked in the moring and started to laugh
I told her I didn’t and crawled off to sleep in the bath
And when I awoke I was alone, this bird had flown
So I lit a fire, isn’t it good, norwegian wood

.-. Plutôt qu’une traduction
Début du texte : « I once had a girl… » (Une fois j’ai eu une fille) puis inversement de situation: « …or should I say she once had me » (Ou devrais-je dire, une fois elle m’a eu). Invité à entrer dans son appartement et à s’asseoir, il constate qu’il est meublé en pin de Norvège (Norwegian wood). Voyant qu’il n’y a pas de chaise, il s’assied sur un tapis et patiente avec un verre de vin. Les deux protagonistes passent ensuite le reste du temps à discuter, jusqu’à ce que la fille, qui travaille le lendemain, décide qu’il faut aller se coucher. Lennon se voit obligé de dormir dans la baignoire et, lorsqu’il se réveille, se retrouve seul : « l’oiseau s’est envolé » (« This bird has flown » titre originel de la chanson*). La chanson se termine lorsque l’auteur se venge en mettant le feu à l’appartement (so I lit à fire, ce que certains ont traduit par « j’ai allumé un joint »*), avant de conclure : « Isn’t it good, norwegian wood ? » (N’est-ce pas bon, le pin norvégien ?).
À l’époque Lennon était marié, c’est certainement pour ça qu’il n’en dit pas plus sur cette soirée*. https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Norwegian_Wood_(This_Bird_Has_Flown)

.-. Murakami
Vingt ans plus, tard, Haruki Murakami s’inspira directement de cette chanson pour écrire son roman La ballade de l’impossible (dont le titre anglais est Norwegian Wood).

Au cours d’un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : Norwegian Wood. Instantanément, il replonge dans le souvenir d’un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami, Kizuki, s’est suicidé. Kizuki avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l’aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît… Hommage aux amours enfuies, La Ballade de l’impossible est un magnifique roman aux résonances autobiographiques, d’une tendresse et d’une intensité érotique saisissantes.
Oeuvres jumelles, chanson et texte se mêlent et résonnent alors l’une avec l’autre, hommages aux amours enfuis qui ont marqué les deux artistes.

.-. Ce qu’en dit Murakami
« J’ai voulu parler de ce qu’on éprouve quand une personne aimée se perd et disparaît. Une personne qui avait de l’espoir, de la volonté, une personne avide d’aimer, mais qui s’est égarée. J’ai connu beaucoup de gens précieux qui se sont perdus au détour d’un chemin ; ils me manquent toujours. J’avais envie d’écrire pour eux. C’était la seule chose que je puisse faire : écrire sur eux. Pour eux. Sur l’espoir qui s’en va, l’absence de but, la perte de tout repère. C’était le sentiment qui devait servir de fil conducteur. Le sentiment est essentiel dans une histoire. Vous pouvez écrire une très bonne histoire, bien agencée. Mais sans sentiment pour la porter, la nourrir, ce n’est rien. » (Haruki Murakami)

.-. Un film en a été tiré
Pas vu donc rien à dire pour l’instant…

.-. Bob Dylan n’a pas aimé l’imitation de son style dans « Norvegian Wood »?


Je ne crois pas, mais ce qui est sûr c’est que John a été très influencé par Bob dès leur première rencontre et peut-être que Dylan a opéré un certain virage électrique après cette rencontre(*)
La mélodie et le fil conducteur de « fourth time around » (https://youtu.be/jvKZDbAgh4Y) sont une imitation directe de la chanson « Norwegian Wood » (clairement influencée par Dylan, https://youtu.be/bxgT4S5G9zI)
Est-ce que les paroles « I never asked for your crutch, now don’t ask for mine » (Je n’ai jamais demandé ton soutien maintenant ne demande pas le mien) sont un avertissement pour qu’on arrête de le copier ? Dylan ne l’a jamais confirmé, mais trois mois après avoir enregistré cette chanson, il fit un tour à Londres en limousine avec John Lennon et ne semblait pas malveillant, (il faut dire qu’ils étaient plutôt défoncés*) https://youtu.be/9Xw6Ll9F38E

L’année suivante, il sortit John Wesley Harding, dont la couverture semble représenter les Beatles cachés dans un arbre (un peu tiré par les cheveux, si vous voulez mon avis*)

Source https://www.rollingstone.fr/100-grandes-chansons-de-bob-dylan-35/ https://youtu.be/_-cSopzMqWg

(*) ajouté par moi et venant d’autres sources que celles citées.

Christian Loverde
http://www.loverde.net

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