Note de lecture Meursault contre-enquête

Livre de Kamel Daoud

Meursault est le principal personnage de l’Etranger de Camus. Le livre de Kamel Daoud parle de Meursault et du meurtre de l’arabe qui est censé être le frère du narrateur.

Voici un site qui résume très bien le livre de Camus, si besoin. Finalement j’ai relu L’Etranger:
http://salon-litteraire.com/fr/resume-d-oeuvre/content/1862548-l-etranger-de-camus-resume
Que va en faire Kamel Daoud? Même si le meurtre est au centre de « L’Étranger », ce n’est qu’un prétexte. Camus traite de la condition humaine et de la manière dont il voit la vie et son absurdité.

 

Extraits
Une fatwa a été lancée contre lui ( Kamel Daoud), on ne se demande pas pourquoi après avoir lu ces lignes:

  • « C’est l’heure de la prière que je déteste le plus – et ce depuis l’enfance, mais davantage encore depuis quelques années. La voix de l’imam qui vocifère à travers le haut-parleur, le tapis de prière roulé sous l’aisselle, les minarets tonitruants, la mosquée à l’architecture criarde et cette hâte hypocrite des fidèles vers l’eau et la mauvaise foi, les ablutions et la récitation. »
    Ça ce n’est pas des caricatures! Juste du ressenti, c’est comme pour la température de la météo, c’est plus froid que la réalité.
  • Autre citation qui aborde le problème de la femme dans les pays musulmans:
    « Elle appartient à un genre de femmes qui, aujourd’hui, a disparu dans ce pays : libre, conquérante, insoumise et vivant son corps comme un don, non comme un péché ou une honte. »
  • Et enfin cette réaction devant les religieux qui n’acceptent pas que l’on ne pense pas comme eux et qui veulent obliger, qui insistent… Et si quelques uns, les croyants ou non croyants avaient un peu plus résisté, les pays musulmans n’en seraient pas là à subir les religieux:
    « Non, mon frère, a-t-il dit en mettant la main sur mon épaule, je suis avec toi. Mais tu ne peux pas le savoir parce que tu as un cœur aveugle. Je prierai pour toi. “Alors, je ne sais pas pourquoi, quelque chose a crevé en moi. Je me suis mis à crier à plein gosier et je l’ai insulté et je lui ai dit qu’il n’était pas question qu’il prie pour moi. Je l’ai pris par le col de sa gandoura. J’ai déversé sur lui tout le fond de mon cœur, joie et colère mêlées. Il avait l’air si sûr de lui, n’est-ce pas ? Pourtant, aucune de ses certitudes ne valait un cheveu de la femme que j’ai aimée. »

Réaction reprenant exactement les mots de « L’étranger ». Transposé, la soutane étant remplacée par la gandoura.
« Alors, je ne sais pas pourquoi, il y a quelque chose qui a crevé en moi. Je me suis mis à crier à plein gosier et je l’ai insulté et je lui ai dit de ne pas prier. Je l’avais pris par le collet de sa soutane. Je déversais sur lui tout le fond de mon cœur avec des bondissements mêlés de joie et de colère. Il avait l’air si certain, n’est-ce pas ? Pourtant, aucune de ses certitudes ne valait un cheveu de femme. »

 

note de lecture Meursault contre-enquête 02

Le crime de Meursault n’est qu’un prétexte à ce roman de Daoud qui parle d’une enfance confisquée par une mère ayant subit la perte d’un enfant et qui se sert de son second fils pour l’aider, l’assister dans sa quête inutile.

Tout est inventé, d’ailleurs. Et on revient aux mêmes thèmes que dans l’étranger, le détachement devant la mort, la vie, l’amour, avec une certitude: la religion n’a rien à faire dans tout ça.
En toile de fond l’Algérie d’hier et d’aujourd’hui. La présence pesante de la religion et la difficulté pour un athée de vivre dans ce pays.

Le climat est actuellement à la crispation.

 

Écrit par Kamel Daoud suite à son passage chez Ruquier:
« comment à la fois dire que la colonisation est un crime mais que l’indépendance est un désenchantement ? Comme dire que la France a tué mais que le désastre algérien présent sur le dos de la colonisation est facile et comique, vu de la lune ? Comment parler de l’islam sans tomber ni dans l’islamophobie facile ni dans l’islamophilie ridicule comme explication du cosmos ? Quatre heures d’enregistrement »
http://www.lacauselitteraire.fr/chez-laurent-ruquier-mais-dans-ma-tete-kamel-daoud

 

Le groupe anglais The Cure avait créé la polémique avec une chanson

note de lecture Meursault contre-enquête 03

Killing an Arab, premier single du groupe. Il paraît en 45 tours en décembre 1978 et se vend à 15 000 exemplaires. Réédité en février 1979. Cette chanson est intégrée sur l’album « Boy don’t cry » en février 1980.

 

Polémiques au sujet du titre

Robert Smith auteur des paroles, a déclaré que la chanson est une courte et poétique tentative de résumer ses impressions sur des moments clés du roman L’étranger d’Albert Camus. Les paroles relatent le meurtre d’un Arabe sur une plage commis avec une arme à feu par le narrateur, et ce dernier s’interroge sur ce qu’il ressent.
Pour éviter les problèmes d’incompréhension liés au titre, le disque était envoyé aux médias accompagné du livre, le Front National Britanique tenta de récupérer la chanson pour en faire un hymne raciste. Lors de certains concerts Robert Smith change ironiquement les paroles du refrain en Killing an Englishman (Tuer un Anglais).
Lorsqu’en 1986 paraît la compilation Standing on a beach distribué aux États-Unis y es apposé un autocollant précisant le contenu non raciste de Killing an Arab.
1990, guerre du Golfe, Killing an Arab est censurée par la BBC.
Lors de la tournée en 2005, le groupe change le titre en Kissing an Arab (Embrasser un Arabe). Et plus récemment en 2007 et 2008, le titre est changé en Killing Another (Tuer un autre). C’est sous cette dénomination que ressort le titre sur l’album Bestival Live 2011.

 

Paroles et traduction de «Killing An Arab»
Killing An Arab (Tuer Un Arabe*)
Standing on the beach Debout sur la plage
With a gun in my hand Un pistolet à la main
Staring at the sea Je fixe la mer
Staring at the sand Je fixe le sable
Staring down the barrel Je fixe le canon
At the arab on the ground Sur l’arabe à terre
I can see his open mouth Je vois sa bouche ouverte
But I hear no sound Mais je n’entends aucun son

[Chorus] [Refrain]
I’m alive Je suis en vie
I’m dead Je suis mort
I’m the stranger Je suis l’étranger
Killing an arab Qui tue un arabe

I can turn Je peux me retourner
And walk away Et m’en aller
Or I can fire the gun Ou je peux tirer avec le pistolet
Staring at the sky Je fixe le ciel
Staring at the sun Je fixe le soleil
Whichever I chose Quoi que je choisisse
It amounts to the same Cela revient au même
Absolutely nothing Absolument rien

[Chorus] [Refrain]
I feel the steel butt jump Je sens le sursaut de la crosse d’acier
Smooth in my hand Lisse dans ma main
Staring at the sea Je fixe la mer
Staring at the sand Je fixe le sable
Staring at myself Je me regarde fixement
Reflected in the eye Dans le reflet des yeux
Of the dead man on the beach De l’homme mort sur la plage
The dead man on the beach L’homme mort sur la plage…

Cette chanson n’est en aucun cas raciste.

 

Le contre-Meursault ou l’Arabe tué deux fois (texte écrit par Daoud à l’origine de ce roman)
Ecrit par Kamel Daoud 19.09.12
« Bon Dieu comment peut-on tuer quelqu’un et lui ravir même sa mort ? C’est mon frère qui a reçu la balle pas lui ! C’est Moussa, pas Meursault non ? Il y a quelque chose qui me tue dans ce qui a tué mon frère. Personne, même après l’Indépendance, n’en a cherché le nom, le lieu, la famille restante, les enfants possibles. Personne. Tous sont restés la bouche ouverte sur cette langue parfaite et tous ont presque déclaré leur fraternité avec la solitude du meurtrier. Qui peut aujourd’hui me donner le vrai nom de Moussa ? Qui sait quel fleuve l’a porté jusqu’à la mer qu’il devait traverser à pied jusqu’au jugement dernier de sa propre religion ? Qui sait si Moussa avait un revolver, une philosophie, une tuberculose, des idées ou une mère et une justice ? Qui est Moussa ? C’est mon frère. C’est là où je voulais en venir. Te raconter ce que Moussa n’a jamais pu raconter, vivant ou tué. Mort ou coincé entre la mort et les livres. Est-ce que tu as le livre sur toi ? D’accord, fais le disciple et lis-moi les premiers passages. C’est pour toi que je te demande ça. Moi je la connais par cœur, je peux te la réciter mieux que Moussa si Dieu nous le renvoie pour trois jours. C’est un cadavre qui a écrit : on le sait à sa façon de souffrir du soleil ou de ne pas surmonter l’éblouissement des couleurs et les angles durs de la lumière. Dès le début, on sent ce salopard de Meursault à la recherche de mon frère. Pas pour le rencontrer mais pour ne jamais le faire. Tout le monde s’y est mis par la suite et depuis cinquante-six ans. Je vais te résumer l’histoire avant de te la raconter : un homme qui sait écrire tue un « Arabe » qui n’a même pas de nom ce jour-là (comme s’il l’avait laissé dans le ventre de sa propre mère avant de revenir le soir le récupérer), puis se met à expliquer que c’est la faute d’un Dieu qui n’existe pas, et à cause de ce qu’il vient de comprendre sous le soleil : le meurtre est un acte absolument impuni et n’est déjà pas un crime parce qu’il n’y a pas de loi. Et, d’un coup, pendant cinquante-six ans, tout le monde se met de la partie pour faire disparaître le corps à la hâte, transformer les lieux du meurtre en un musée immatériel d’une seule idée érigée en colonne romaine et interroger l’assassin sur son insolation et sur les anagrammes de son propre prénom. Que veut dire Meursault ? Meurt seul ? Meurt sot ? Ne meure jamais ? Mon frère n’avait pas droit à un seul mot dans cette histoire. Il était une marche ratée dans la marche vers le Dieu déserteur des époques modernes. Et là, toi comme tous tes aînés vous faites fausse route : l’absurde, c’est mon frère et moi qui le portons sur le dos, pas l’Autre. Comprends-moi bien : je n’exprime pas de la tristesse ni de la colère. Je ne joue même pas le deuil, seulement. Seulement quoi ? Je ne sais pas. Peut-être le rôle du mécanicien du sens. Cette histoire devrait être réécrite, dans la même langue, mais de droite à gauche. C’est-à-dire en commençant par le corps encore vivant, les ruelles qui l’ont mené à sa fin, le prénom de l’« Arabe », et jusqu’à sa rencontre avec la balle. Pas le contraire. C’est immoral de raconter l’histoire d’un meurtre avec cinquante-six passages pour la balle, le doigt et l’idée qui les a animés, et ne dire qu’une seule phrase pour le mort qui doit plier bagage après sa figuration au prix de son dernier souffle devenu presque absurde alors qu’il est né dans le bon sens. Kamel Daoud

 

Et pour finir, l’état d’esprit du marocain moyen pas extrémiste, juste musulman
Suite à cette publication sur un site marocain et les photos qui l’accompagnent. Élection des miss plage dans les années 80 à Casablanca.

note de lecture Meursault contre-enquête 04

http://www.yabiladies.com/articles/details/32980/miss-plage-quand-marocaines-defilaient.html

Une réaction:

La honte pour un bled musulman Auteur : El Barkeni Date : le 28 janvier 2015 à 14h57 Vraiment on se crois pas que nous somment dans un pays musulman et comment l état laisse faire ce genre de choses illicite en toute liberté , oui je suis pour le droit de la femme mais pas pour se mettre a moitie nu devant tous le monde ,( la nudité se fait uniquement entre l homme et son épouse pendant les relations intimes ) chez eux . Cette pratique est un virus transmis par les occidentaux et les païens que l islam ne permet pas . Je ne suis ni islamiste ni salafiste ni afghan mais un simple citoyen marocain qui a peur de ces dérives qui éloignent certaines filles marocaines de leur religion qu es l islam . Oui certains hommes sont eux aussi a la dérive mais se n est une raison que la femme fasse ce genre de chose .

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