Lecture confinée: La légende dorée

31 mai 2020

La Légende dorée (Legenda aurea en latin) est un ouvrage rédigé en latin entre 1261 et 1266 par Jacques de Voragine, dominicain et archevêque de Gênes, qui raconte la vie d’environ 150 saints ou groupes de saints, saintes et martyrs chrétiens, et, suivant les dates de l’année liturgique, certains événements de la vie du Christ et de la Vierge Marie. (..) Mythologie chrétienne construite sur les croyances païennes que le christianisme dut assimiler dans le but de les contrôler.
Cette sainte est née à Antioche de Pisidie vers l’an 275. Convertie au christianisme, elle fait vœu de virginité, repousse les avances du gouverneur romain Olybrius et refuse d’abjurer sa foi.
L’absence de bases historiques de son hagiographie a entraîné l’interruption de son culte après le concile de Vatican II. Elle reste très vénérée dans l’Église orthodoxe. (Wikipedia)

Vous vous demandez ce que je fait dans cette Histoire, soyez rassuré ce n’est pas une révélation de la foi ! C’est la Lecture de L’affaire Arnolfini et le passage : « Patronne révérée des femmes enceintes avant d’être retirée du calendrier de l’Église en 1969 pour cause d’authenticité archi-douteuse, Marguerite d’Antioche est le plus souvent représentée sortant du ventre du dragon. » qui a attisé ma curiosité.

Texte intégral retrouvé et qui est dans le domaine public :

Sainte Marguerite naquit à Antioche, et elle était fille de Théodose, prêtre des gentils. Elle fut mise en nourrice, et quand elle eut l’âge de raison, elle fut baptisée. Un jour, qu’elle avait atteint sa quinzième année, et qu’elle gardait les brebis de sa nourrice, le gouverneur Olibrius, passant par là, la vit, et il fut frappé de sa beauté; et il conçut pour elle une grande passion, et il dit à ses esclaves: « Allez, et amenez cétte fille, afin que si elle est libre j’en fasse mon épouse, et si elle est esclave, je la prenne pour concubine. »

Et lorsqu’elle lui fut amenée, il lui demanda son pays, son nom et sa religion. Elle répondit qu’elle était de race noble, qu’elle se nommait Marguerite, et qu’elle était chrétienne.

Et le gouverneur lui dit : « Comment une fille noble et belle comme toi peut-elle adorer Jésus le crucfié? »

Elle lui répondit: « Où as-tu appris que Jésus ait été crucilié?»

Il lui répondit : « Dans les livres des chrétiens. »

Et Marguerite lui dit: « Si tu y vois qu’il a été crucilié, tu y vois aussi sa gloire et sa puissance; pourquoi crois-tu à une portion de ce que tu y vois, et pourquoi rejettes-tu le reste? »

Et comme elle ajoutait que Jésus-Christ vivait éternellement, le gouverneur, irrité, la fit mettre en prison. Le lendemain, il la fit venir, et il lui dit: « Malheureuse fille, aie pitié de ta propre beauté, et adore nos dieux, afin d’en retirer avantage. »

Et elle répliqua: « J’adore celui que redoute la terre, que craint la mer, et devant lequel toutes les créatures tremblent. »

Et le gouverneur lui répondit : « si tu persistes dans ton aveuglement, je ferai déchirer ton corps. »

Et Marguerite répondit : « Jésus s’est livré à la mort pour moi, et moi je désire mourir pour lui. »

Alors le gouverneur donna l’ordre de la suspendre sur le chevalet el de la battre rudement de verges, et ensuite de déchirer son corps avec des ongles de fer, jusqu’a ce que ses os fussent mis à nu. Et le sang coula de son corps comme d’une source très-pure; les assistants pleuraient et ils disaient : « Marguerite, nous avons vraiment compassion de toi, en voyant déchirer si cruellement ton corps. O quelle beauté t’a fait perdre ton incrédulité! Et maintenant, crois, afin que tu vives. »

Et elle répondit: « O mauvais conseillers, retirez-vous loin de moi; ce tourments de la chair sont le salut de l’âme.

Et elle dit au gouverneur: « Chien impudent, lion insatiable, tu as du pouvoir sur la chair, mais Jésus-Christ se réserve l’âme. » Et le gouverneur se couvrit le visage de son manteau, ne pouvant supporter l’aspect de tant de sang; il ordonna ensuite de la détacher et de la mettre en prison, et une clarté merveilleuse éclata dans son cachot. Et la sainte pria le Seigneur de lui faire voir l’ennemi qu’elle avait à combattre, et voici qu’un énorme dragon se montra devant elle. Et lorsqu’il s’élançait pour la dévorer, elle fit le signe de la croix, et il disparut.

D’autres disent que le dragon lui saisit la tête dans sa gueule, et comne il allait la dévorer, elle lit le signe de la croix, et le dragon creva, et la sainte resta sans aucun mal.

Mais ce récit-la est regarlé comme vain et mal fondé. Le diable, pour tromper alors Marguerite, se présenta Sous l’aspect d’un homme. Elle, le voyant, se mit en oraison; et lorsque le diable s’approcha, il lui prit les mains et il dit: « Qu’il te sufise ce que tu as fait. » Mais elle le prit par la tête et le jeta par terre, et elle mit son pied droit sur la tête du diable, et elle lui dit: « Tremble, ennemi superbe, tu gis sous les pieds d’une femme!»

Et le démon criait : « O bienheureuse Marguerite, je suis vaincu. Si c’était un homme qui triomphait de moi, je ne me plaindrais pas; mais je suis vaincu par une enfant, et j’en suis d’autant plus désolé, que son père et sa mère sont mes amis. » Et elle le força de dire pourquoi il était venu.

Et il répondit qu’il était venu pour lui persuader d’obéir aux ordres du gouverneur. Elle le força ensuite de dire pourquoi il tentait si fort les chrétiens. Il répondit qu’il avait une haine naturelle contre les gens vertueux, et comme il était souvent repoussé d’eux, il était infecté du désir de les séduire; et que, comme il ne pouvait rentrer en possession du bonheur céleste qu’il avait perdu, il faisait ce qu’il pouvait pour en priver les hommes. Et il ajouta que Salomon avait enfermé dans un vase une infinité de démons, et après sa mort, les Juifs, croyant y trouver un grand trésor, brisèrent le vase, et les démons s’enfuirent et ils remplirent les airs.

Lorsqu’il eut dit cela, la vierge souleva son pied et dit: «Va-t’en, misérable. »

Et le démon se sauva aussitôt. Le lendemain, en présence du peuple, elle fut amenée devant le juge, qui lui ordonna de sacrifier; et, comme elle s’y refusa, il la fit dépouiller et lui fit brûler le corps avec des torches ardentes, de sorte que tous s’étonnaient qu’une fille si jeune pût soutenir tant de tourments. Puis il la fit jeter dans un grand bassin plein d’eau, afin que ce changement de peine accrût ses douleurs.

Et soudain la terre trembla, et Marguerite sortit du bassin sans avoir aucun-mal. Alors cinq mille hommes crurent, et ils reçurent arrêt de mort pour le nom de Jésus-Christ.

Et le gouverneur, craignant que d’autres ne se convertissent, ordonna de décapiter la bienheureuse Marguerite. Et elle demanda le temps de faire oraison, et elle pria pour elle et pour ses persécuteurs, ajoutant que toute femme en couches qui l’invoquerait enfanterait sans danger.

Et l’on entendit une voix du ciel qui disait que ses prières étaient exaucées. Et se relevant, la sainte dit au bourreau: « Frère, prends ton glaive et frappe moi et il abattit d’un seul coup la tête de la sainte, qui reçut ainsi la couronne du martyre. Elle souffrit le treize des calendes d’août, à ce qu’on lit dans son histoire; ailleurs on trouve que ce fut le trois des ides de juillet.

Christian Loverde
http://bit.ly/CLoverde

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